Babylone

Dans un bordel de babylone
un pianiste argentin
s’défonce à l’harmonium
jusqu’au petit matin
quelques fumeurs d’opium
écoutent désabusés
les refrains qu’le p’tit-cul fredonne
et se surprennent à rêver

la musique c’est la musique
donnez-vous la peine d’entrer

la clientèle de babylone
est parfois déglinguée
sur un air du «Duke» Ellington
on pourrait vous embobiner
si tu passes là, un d’ces soirs,
méfie-toi des requins paumés
qui en veulent à tes dollars
qui pourraient bien te faire chanter

la musique c’est la musique
à chacun son tour d’y passer

et dans ce bordel la patronne
la statue de la liberté
s’tape un pas de charleston
à un rythme endiablé
avec sa chevelure rebelle
et son sourire un peu rouillé
on voit qu’elle s’est brûlé les ailes
au soleil de nombreux étés

la musique, ah, la musique
pour le pur plaisir de rêver

parce qu’un beau jour à babylone
le temps finira par passer
il engloutira l’harmonium
la patronne et ses clients blasés
dans les sanglots du trombone
dans les nuits blanches pleines de fumées
l’amour se cache à babylone
et n’est pas facile à trouver

la musique c’est fantastique
tant qu’il est temps d’en profiter!

Paroles : Serge Côté
Musique : Serge Côté – Peter Gould
© miroirsauvage.com 1993

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