Chanson d’eau pour un carré de sable

Ce matin-là
j’aurais voulu mourir au fil de l’espoir
dans le jardin d’une insoumise
au plus sauvage de l’innocence
j’aurais voulu mourir d’enfance
fragile et disponible
à l’amour en bruine sur l’illusion délavée

chanson d’eau
pour un carré de sable
chanson d’amour
inespérée

ne pas avoir à se jouer le jeu
des séducteurs et des fatales
se donner comme on offre des fleurs
se parler comme on parle d’amour
mais
dans ces ghettos de la drague
où le silence est pris au piège
la tendresse a mis un masque
sur le visage de ces enfants vieillis
qui ont fui leur carré de sable
pour s’émécher dans les débits
chanson de caresses trahies
à l’envers de l’innocence

chanson d’eau
pour un carré de sable
chanson d’amour
inachevée

avoir l’impossible comme enjeu
avec nos corps qui se soulèvent
danser comme coule la sève
chanter comme on brûle d’amour
et
habiter un creux dans le vague
où se défont nos cheveux fous
la pluie peut pleuvoir sur le sable
de ce long désert jaloux
sur sa sécheresse
tombe la peine — lave la haine
chanson de caresses complices
à l’endroit de l’espérance

depuis
ma vie est devenue ce mensonge fatal
que je raconte à l’indifférence des passants
et de cet impossible qui me reste à nommer,
toi…

Paroles : Daniel Carrière — Serge Côté
Musique : Serge Côté
© miroirsauvage.com 1978

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